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20 août 2013

10-18/08/13_L’ALSACE_Championnats du monde à Moscou


Vingt-quatre heures après l’invraisemblable épilogue du 4x100 m dames des Mondiaux de Moscou (*), l’Alsacienne Céline Distel-Bonnet a accepté de s’exprimer. Sonnée, elle cherche encore des explications.

À l’autre bout du fil, hier après-midi à l’aéroport Cheremetyevo de Moscou, la voix de Céline Distel-Bonnet n’a plus la même tonalité. La dernière fois qu’on l’avait entendue de vive voix, c’était dimanche soir, dans une chaise roulante, juste après avoir sautillé de bonheur sur la deuxième marche du podium du relais 4x100 m féminin, malgré un claquage à la cuisse droite.

Vice-championne du monde pendant près de trois heures avec ses camarades tricolores (Myriam Soumaré, Stella Akakpo et Ayodélé Ikuesan), la sprinteuse du Pays de Colmar a appris en soirée que le relais bleu était disqualifié, alors même que tous les projecteurs ou presque du stade Loujniki étaient définitivement éteints. Un choc qu’elle a tenté de décrire, avec une émotion toujours aussi vivace.

Céline, quand précisément avez-vous appris que vous étiez disqualifiées et que vos médailles allaient vous être retirées ?
J’arrivais à l’hôtel de l’équipe de France, j’étais pressée de rejoindre les autres filles pour aller fêter notre podium. Mais je pense qu’elles étaient déjà au courant. Moi, c’est le manager des relais, Djamel Boudebibah, qui m’a pris à part pour me le dire.
Comment avez-vous réagi sur le coup ?
(Silence). C’est dur.
Était-ce de la colère, de la tristesse ?
(Elle coupe). Mais il n’y a pas de mots pour décrire ça ! C’est au-delà de la colère, bien plus fort qu’un sentiment d’injustice ! C’est de l’incompréhension surtout. Je ne comprends pas qu’on ait pu laisser faire tout le protocole, nous envoyer répondre aux questions des journalistes, nous faire monter sur le podium et recevoir nos médailles gravées chacune à notre nom, nous demander de participer à la conférence de presse générale du 4x100 m dames…
Où est-elle, cette médaille ? L’avez-vous rendue finalement ?
Non, on ne me l’a pas réclamée. Je l’ai dans mon sac et je la garde, comme les autres filles du relais. Elle est à mon nom, jamais je ne la rendrai.
Que vous êtes-vous dit avec vos camarades Myriam Soumaré, Ayodélé Ikuesan et Stella Akakpo ?
Rien, rien du tout, que voulez-vous qu’on se dise ? On a pleuré, voilà ce qu’on a fait. Il n’y avait rien d’autre à faire. On est restées cloîtrées toutes les cinq dans une chambre (Ndlr : avec l’une des deux remplaçantes du relais, Emilie Gaydu), on n’en est pas sorties de la soirée. On ne voulait parler à personne.
Avez-vous revu les images du passage de témoin litigieux ?
Oui, bien sûr. Et effectivement, on le voit très bien, « Ayo » (Ikuesan) donne le témoin à Myriam (Soumaré) hors de la zone réglementaire. Il n’y a absolument rien à redire à ce niveau-là. Le juge-arbitre ne pouvait que prendre cette décision, mais c’est impensable d’avoir officialisé d’abord les résultats avant de faire machine arrière alors que tous les protocoles étaient terminés et le stade entièrement vide.
Avez-vous réussi à dormir ?
Non, pas trop. J’avais mal, et pas seulement à la cuisse (**).
Quel est votre état d’esprit un jour après ?
(Silence). L’athlétisme, voilà, bof. C’est un soulagement d’être en vacances et de ne plus avoir à courir cette saison.

(*) Le long flottement qui a suivi la finale du 4x100 m féminin, dimanche à Moscou, n’était pas dû au hasard : l’équipe britannique a effectivement souhaité déposer une réclamation suite au passage de témoin hors zone des Françaises (lire notre édition d’hier), sauf qu’elle n’a pas pu le faire. Car dans la foulée du 4x100 m dames, la Grande-Bretagne a été disqualifiée… chez les hommes ! Dans la pagaille, le recours des filles, qui devait être déposé sous 30 minutes comme le stipule le réglement, ne l’a jamais été. Le juge-arbitre des courses, en revanche, a le droit de faire appel à n’importe quel moment. Et c’est exactement ce qu’il a fait, voyant que l’infraction tricolore était incontestable. Le hic, c’est que les différents protocoles (conférence de presse, podium, cérémonie de clôture des Mondiaux…) étaient déjà grandement entamés et que certains délais devaient coûte que coûte être respectés. De sources concordantes, le jury de la Fédération internationale (IAAF) savait que les médailles remises aux Françaises allaient leur être retirées par la suite.

(**) Céline Distel-Bonnet a ressenti une vive douleur derrière la cuisse droite au moment de passer le témoin en finale du relais 4x100 m dimanche. Une première échographie effectuée au stade n’a rien révélé, mais selon les tests pratiqués hier par les kinés du staff tricolore, il s’agirait bien d’une déchirure à l’ischio droit. La sprinteuse du PCA passera de nouveaux examens à Strasbourg aujourd’hui.


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