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26 novembre 2013

L’ALSACE_Haeffler : le mal en patience

Stoppé dans son élan au beau milieu de l’été, le lanceur de javelot guebwillerois Jérôme Haeffler est au repos forcé depuis cinq mois. Une situation pesante pour l’athlète alsacien, qui n’en nourrit pas moins l’espoir de retrouver le plus haut niveau l’an prochain. Photo Jean-Marc Loos.

Affalé sur un confortable canapé d’angle, chez lui, sur les hauteurs de Guebwiller, Jérôme Haeffler donne le change. Non, ce n’est « pas la totale déprime » , mais oui, « les temps sont durs ». Lesté d’une botte de protection à la jambe gauche, le meilleur lanceur de javelot français en activité se lève et tente tout de même une demi-plaisanterie : « Vous voyez le trou que j’ai creusé dans le coussin à force de rester assis ? » On voit.

Jérôme Haeffler est en convalescence depuis près de trois mois. Ou plutôt six mois, devrait-on écrire. Car l’été dernier, le champion du Pays de Colmar Athlétisme n’a pas fait les choses à moitié. Réputé fragile physiquement mais « jamais gravement blessé » en douze ans de carrière, l’athlète de 31 ans a été victime d’une rupture totale du tendon d’Achille du pied gauche le 7 juin lors du Meeting de Colmar. L’une des pires blessures pour un sportif de haut niveau, sur sa première course d’élan, chez lui, devant son public.

« Ma grand-mère s’en est beaucoup voulu »

Quatre jours plus tard, il est opéré avec succès à Strasbourg. L’histoire aurait pu en rester là, sauf qu’Haeffler a poussé le bouchon un peu plus loin. Le 19 août, sa grand-mère vient le chercher pour le conduire chez le kiné. Comme d’habitude, elle l’attend en bas de l’impasse qui mène à sa maison, « parce qu’elle ne se sent pas d’emprunter ce chemin étroit en montée ». Lui, ça fait trois semaines qu’il remarche sans attelle. Ce n’est visiblement pas au goût d’un caillou tapi au milieu de l’allée. « J’ai glissé dessus, ma grand-mère s’en est beaucoup voulu… »

Pour la deuxième fois en trois mois, le tendon d’Achille gauche de Jérôme Haeffler lâche. Seulement de manière partielle, mais ça ne change rien. Retour à la case départ. Retour sur le billard. « La première blessure, je l’ai mal vécue parce que mes deux grands objectifs de la saison (les Jeux Méditerranéens et les championnats de France Elite) arrivaient et je me sentais capable d’y faire des belles choses, se souvient le poulain de Jacques Danail. À la deuxième, le monde entier s’est écroulé. J’ai mis un mois à m’en remettre. Jusqu’à l’opération, en fait. Après, il n’y a pas le choix, faut que ça aille. »

« Je n’ai vu personne, je me suis senti oublié »

Alors il fait aller. Avec des hauts et des bas. « Je suis le protocole avec l’espoir de courir à peu près normalement fin mars. C’est ce qui me manque le plus, détaille l’international français, qui ne désespère pas d’être accueilli au centre de rééducation de Capbreton (Landes) en janvier. Je veux juste faire les choses bien et récupérer à 100 %. Ici, ce n’est pas facile tous les jours pour se motiver, parce que je ne peux pas conduire. Pour aller faire une séance de musculation ou autre, je suis dépendant. Je m’occupe comme je peux. »

Et comme souvent en pareil cas, on voit sur qui on peut réellement compter. Sa compagne, sa famille, son coach ont toujours été à ses côtés. La famille de l’athlé, apparemment beaucoup moins. « Ça fait cinq mois que je suis à la maison, et rien, affirme le Guebwillerois. Les témoignages de sympathie sur les réseaux sociaux, c’est bien gentil, mais c’est virtuel. Je n’ai vu personne, je me suis senti oublié. Si je relance un javelot un jour, ce sera pour moi, pour personne d’autre. »

« Je ne veux pas m’en aller sur un échec »

Relancer ? Tout sauf une évidence pour le Haut-Rhinois, qui, à chaud, songeait à tout arrêter. Mais chassez le naturel d’un athlète, il revient au galop. « Je ne veux pas m’en aller sur un échec, décrète-t-il. L’idéal, ce serait de reprendre la compétition le 14 juin, au Meeting de Colmar. Au même endroit, un an après. Ce serait une belle revanche. Je me le dois à moi-même. »

L’envie est sincère, mais celui qui a lancé son javelot à 80,37 m en 2010 n’est pas dupe : le chemin est encore long. « J’ai tendance à faire des ‘‘fixettes’’ et ça devrait prendre au moins un mois pour que l’appréhension me quitte. Du coup, ça risque d’être un peu dur pour les championnats d’Europe (Ndlr : à Zurich, du 12 au 17 août). En gros, il faudra lancer à 80 m en cinq semaines. C’est faisable, il ne faut jamais dire jamais. Mais je commence à peine à marcher, ça me paraît loin tout ça. De toute façon, si ça ne passe pas cet été, je me laisserai au moins encore une saison pour y arriver. »

Jérôme Haeffler se lève de son canapé et se dirige vers la porte d’entrée. Le sourire est franc, la poignée de main est ferme. Le connaissant, c’est plutôt bon signe.

Bio express :

Jérôme HAEFFLER

• Né le 12 mai 1982 à Guebwiller

• Club : FC Guebwiller, section locale du Pays de Colmar Athlétisme (depuis 2004)

• Spécialité : Javelot

• Entraîneur : Jacques Danail (depuis 2008)

• Record personnel : 80,37 m (en 2010)

• Sélections en équipe de France : 3 en jeunes, 2 en seniors

Palmarès : champion de France de lancers longs hivernaux 2013, champion de France Élite 2010, vice-champion de France Élite 2005, 2011 et 2012, 8e des séries des championnats d’Europe 2010 à Barcelone.


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