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3 février 2014

02/02/14_DNA_Chpt Alsace de cross à Wissembourg


Wissembourg propose non seulement le cross le plus septentrional de la région, mais surtout le plus difficile. Surtout lorsque la boue s’en mêle comme hier.

Certains n’aiment pas, mais alors pas du tout, comme Abdelkader Mahmoudi (ANA) qui a mis le clignotant à mi-chemin alors que la 2e place derrière l’intouchable Sébastien Spehler lui tendait pourtant les bras.

« C’est trop dangereux. Par deux fois, j’ai failli me tordre la cheville. Parfois, il faut savoir se ménager. Je fais preuve de sagesse, d’expérience. Je n’avais pas d’objectif. Je suis venu pour le club. J’aurais pu finir 2e. Mais 2e , 5 ou 6e , c’est pareil. Le plus important, c’est l’été. Je veux me qualifier pour les France élite sur 1 500 m. »

« Je prouve que le trail, c’est de l’athlétisme »

À Wissembourg, d’autres s’y régalent, comme les vétéranes Blandine Bitzner-Ducret, Line et Simone Kuster, éternellement jeunes, qui garnissent dans cet ordre le podium de leur catégorie, décrochant les 2e 3e et 6e places au scratch du cross long, à la loyale, en se respectant et en prenant un plaisir fou. « Ben quoi, c’est ça, le vrai cross », lâchent-elles de concert, la première une bière à la main avant d’aller quérir sa médaille. Au bonheur des dames. Et surtout deux conceptions différentes de la pratique de ce sport.

Deux, ou même trois. Car d’autres, de part leurs spécificités, ne sont pas à l’aise sur ce type de tracé. Ils se sont adaptés, se sont fait violence. Ils étaient forcément nombreux dans ce cas. En leur honneur, on mettra en avant les deux plus marquants.

Mené, la métamorphose

Deux semaines plus tôt, Anthony Da Silva et Élodie Mené avaient coiffé les couronnes bas-rhinoises du cross long sur un profil roulant à Brumath. Ils savaient qu’ils souffriraient à Wissembourg mais avaient promis de tout mettre en œuvre pour faire honneur à leur statut de champion départemental.

Ils ont tenu parole, même au-delà des espérances pour la seconde. Le Robertsauvien est monté sur le podium derrière Spehler et l’incontournable David Eckes (ACH). La seconde a épaté la galerie en menant le bal quasiment de bout en bout.

« J’ai eu très peur lorsque j’ai reconnu le parcours. Puis, j’ai fait ma course. Et là, c’est carrément une surprise. Je ne m’attendais pas à ça. » À savoir, une réelle métamorphose pour la spécialiste de la route, depuis l’hiver dernier. « J’ai changé de club ( du RTS à l’ANA, NDLR ), donc d’entraîneur, et je crois que j’ai bien fait. »

Blandine aux p’tits soins

Avec Bernard Wolff, en prévision de l’échéance d’hier, elle a beaucoup travaillé les côtes et, de manière générale, en pleine nature. « On manque de repères par rapport à la piste, on a du mal se situer, mais ce n’est pas plus mal. On évite de se prendre la tête. »

Au plus tard depuis hier, elle sait où elle en est. Derrière elle, elle a laissé Blandine Bitzner-Ducret et Line Kuster s’échiner pour la 2e place et le titre vétéran. « Elle était plus forte, a reconnu la Néo-Brisachienne. Quand elle est partie, il n’y avait rien à faire. »

Blandine, elle, ne s’est guère épanchée sur son sort appréciable. En heureuse mère poule, elle a tenu à accueillir et féliciter une à une ses coéquipières, dont le résultat d’ensemble permet au S2A de s’imposer par équipes, devant l’EHA et les SR Obernai, dont le trio Moynot-Mantel/Wibert/Ott, à la lutte aux avant-postes pendant un tiers de la course, signait finalement un tir groupé, des places 7 à 9.

Avant elle, Sandrine Scharff-Jamot (CMC), de mieux en mieux au fil des trois tours, et la locale de l’étape, la douce Christine Poyet, complétaient le podium senior en tant que 4e et 5e. La Colmarienne, tellement concentrée sur ses appuis, ne s’en est même pas rendu compte mais a apprécié le moment avec fraîcheur. « J’ai commencé par le cross, en benjamine. J’y ai été élevée. Là, il y avait tout ce qu’on peut rêver d’un cross. Génial. » Une de plus qui a aimé…

Spehler en VRP du trail

On ne dira pas l’inverse de l’aérien – et ce n’est pas peu dire dans cette boue collante – Sébastien Spehler. Encore que. Pour le champion de France de trail, il en aurait encore fallu plus. « Je n’ai pas trouvé que ça grimpe tant que ça », lâchait-il tout sourire.

Bien assez en tout cas pour reléguer David Eckes à près d’une minute, sans parler des suivants. « J’ai accéléré d’emblée car j’avais peur de Mahmoudi et de sa vitesse. Après, j’ai fait la course à mon rythme. Quand Mahmoudi a arrêté, j’ai géré pour en profiter un max. »

Au passage, il véhiculait quelques messages. « Beaucoup voient les trailers avec un sac sur le dos. Je prouve aujourd’hui que le trail, c’est de l’athlétisme, de même que lorsque je cours le 10 km en 30’30”… Même si ça n’enlève rien à mon titre, sans Pierre Joncheray au départ, une référence pour moi, ce n’est pas tout à fait pareil. » Et enfin, histoire de couper court aux fantasmes pour la suite : « J’en reste là pour les cross. Ordre de mon coach, sans quoi je ne peux préparer correctement la saison de trail. »

Son dauphin, David Eckes, ne devait même pas être de la fête.

Eckes et Da Silva mènent leur barque

« Je suis revenu un peu plus tôt d’un déplacement de deux semaines en Hongrie. Je m’y suis entraîné dans la neige, où on en laisse pas mal. Un peu à cours, le parcours, guère rapide, m’était favorable. En voyant les inscrits, je visais le top-5. »

Rapidement, en effet, un groupe de cinq s’est détaché. Mahmoudi et son coéquipier Nicolas Weber ayant renoncé, le podium tendait les bras à Eckes et Da Silva, victime de l’attaque du Huninguois dans l’avant-dernier tour, mais légitimement satisfait.

« Par rapport au tracé, je suis content. Je n’espérais guère un podium. Ce n’est pas parti vite, ce qui m’a évité d’être cramé au bout de 500m comme l’an passé au Waldeck. Puis, le podium qui se dessine, ça motive, même si j’ai fini comme j’ai pu. »

Il a notamment contenu le retour éventuel d’Emmanuel Allenbach, 4e , autrement plus « montagnard » que lui.

Non loin derrière, Florian Weisser (ANA), Nabil Nadi (UB) et William Rebischung (EGMA), respectivement 6e , 7e et 12e , constituaient un podium espoir ayant belle allure.

La blessure de Foulouh

Il clôturait une journée redorant le blason de la discipline qui s’était ouverte sur un coup de théâtre. Après deux des cinq tours, Karim Foulouh (S2A) a été contraint de couper court au duel livré avec le Colmarien Nourredine Kechad (PCA), blessé à l’aine. « Je déteste abandonner, mais je n’ai pas le choix. »

« Je suis désolé pour lui, regrettait Kechad. Je sais qu’il est plus fort. J’espère qu’il sera rétabli pour les interrégionnaux. »

Lui-même visera une place dans le top-5 à Saint-Nabord, dans les Vosges, le 16 février, où un parcours plutôt lent, donc qui lui sied bien, l’attend à nouveau.

Bruno Henry et Mathieu Motsch l’ont accompagné sur la boîte, menant le Colmar Marathon Club à la victoire par équipes devant le PCA amoindri par la blessure de Jean-Philippe Beck, relégué de la 3e à la 10e place.

Les aléas du cross qui, sans eux, n’en serait pas. Prochain épisode dans deux semaines, au fin fond des Vosges.

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