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8 avril 2014

Romain HEINRICH, ancien athlète du PCA/ESRCAC

Romain HEINRICH a été honoré lors d’une cérémonie organisée par la mairie de Kaysersberg avec les participations et les témoignages de tous les acteurs (Famille, entraîneurs, équipiers..) ayant accompagnés Romain jusqu’à la sélection en équipe de France de Bobsleigh. 

Il remercie le PCA par une dédicace d’une photo prise au départ de l’épreuve de bobsleigh à 4



LA CEREMONIE EN IMAGES



Qui est Romain HEINRICH ? 

(Reportage de l’Alsace)


• Né le 30 janvier 1990 à Colmar (24 ans)

• 1,88 m - 105 kg

• 1 frère et 1 sœur de 36 et 26 ans

• Domicilié à Kaysersberg jusqu’à l’âge de 17 ans

• Vit à Grenoble, en couple

• Diplôme d’ingénieur en génie industriel. Actuellement en 2eannée de Master d’administration en entreprise à l’IAE de Grenoble

• Clubs : CBLS Macot La Plagne (bobsleigh), Entente Athlétique Grenoble (athlétisme)

• Entraîneur : Martial Auzeil (depuis 2009)

• Spécialités : bobsleigh, lancer de poids

• Record en lancer de poids (7,26 kg) : 16,80 m en 2013

• Palmarès : Athlétisme. - Champion de France universitaire de lancer de poids 2012 et 2013, champion de France N2 en 2013, 9e des championnats de France Elite 2013, multiple vice-champion de France Espoirs ; Bobsleigh. - Vainqueur du Trophée Emmanuel Hostache 2012 et 2013 (équivalent des championnats de France de poussée), deux podiums en bob à 2 et deux podiums en bob à 4 en Coupe d’Amérique 2013, 17e des Mondiaux 2013 en bob à 2 et 23e en bob à 4, 10e de l’Euro 2013 en bob à 2, 15e de l’Euro 2014 en bob à 4.


Bobsleigh : Le jeune pousse

Colosse d’1,88 m pour 105 kg, Romain Heinrich a accepté un beau jour de mars 2011 de glisser son imposante carcasse dans un petit bolide monté sur patins. Trois ans plus tard, le Kaysersbergeois est devenu le pousseur attitré des bobsleighs français et vivra à partir de demain ses premiers Jeux Olympiques, à Sotchi. Décoiffant.

Romain Heinrich a eu beau enquiller deux ans de « maths sup maths spé », être sur le point d’ajouter un deuxième Bac + 5 à sa collection de diplômes, l’ingénieur qu’il est n’a, lui non plus, pas eu besoin de se perdre en conjectures pour arriver à ce constat. Dans une brasserie grenobloise dont les tables sont à peine plus larges que ses épaules, face à une pièce de bœuf qui ne fait même pas la taille de sa main, cette gueule d’ange de 24 ans raconte son baptême de glace. Ça s’est passé en mars 2011, sur la seule piste de bobsleigh de France, à La Plagne. La patinoire en forme de toboggan, longue d’1,5 km, avait été dévalée en une petite minute. Une éternité.

« Je me suis dit que c’était comme un saut à l’élastique »

« Je me suis dit que c’était comme un saut à l’élastique, un truc qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie, se souvient l’enfant de Kaysersberg, traîné là par deux « bobeurs » de l’équipe de France en quête d’un nouveau pousseur. Mais je ne me rendais pas compte des risques, je ne savais pas que ces engins allaient à 130 km/h ! On m’a demandé de compter les virages, juste pour voir combien de temps j’allais tenir. Il y en avait 19, j’ai tenu jusqu’au 15e. Quand le bob s’est arrêté, je ne savais plus où j’étais. » Plus tard, on lui expliquera qu’un mec lambda compte généralement jusqu’à 6. « À ce moment-là, je me suis dit que plus j’avalerai les descentes, mieux ça irait. » Bien vu.

Deux ans plus tôt, Martial Auzeil, entraîneur emblématique de l’Entente Athlétique Grenoble, avait immédiatement senti le coup en voyant le jeune Romain débarquer dans la capitale iséroise pour ses études. « C’était à la fin de notre première séance d’entraînement, précise l’ancien licencié du Pays de Colmar Athlétisme (2004-2005). On était à côté d’une stèle à la mémoire du médaillé olympique de bobsleigh Emmanuel Hostache, que Martial a entraîné. En rigolant, il me dit que je devrais moi aussi faire du bob, que j’ai le profil. C’est rentré par une oreille, c’est ressorti par l’autre. »

Soyons clair : Martial Auzeil n’a pas été touché par la grâce ce jour-là. Tout juste a-t-il identifié en Romain les deux qualités principales d’un « pousseur » de bobsleigh : la puissance et la vitesse. Car, non content de lancer le poids à 16,80 m (12e performance française 2013), l’armoire à glace alsacienne est également capable de courir un 100 m en 11’’37. En temps normal, ce chrono défriserait à peine la moustache d’un entraîneur de sprint. Sauf que Romain Heinrich pèse… 105 kg. « Les bobeurs sont de vrais athlètes, appuie le colosse haut-rhinois, qui se verrait bien gambader sur un terrain de rugby d’ici quelque temps. On n’a absolument rien à envier aux autres sportifs. Un type capable de soulever 270 kg en squat (1) et de courir le 100 m en 10’’20, tu ne le trouves qu’en bobsleigh. Certes, seuls les meilleurs mondiaux ont de telles statistiques, mais la moyenne, c’est 240 kg en squat et 10’’50 au 100 m. »

On ne va pas vous la faire à l’envers, Romain Heinrich non plus : l’équipe de France de bobsleigh n’est pas dans la moyenne et ses chances de faire retentir la Marseillaise ces deux prochaines semaines aux JO d’hiver à Sotchi sont nulles. Mais si le pousseur tricolore a accepté de se mettre en boule dans une caisse à savon sur patins, il y a forcément une raison. Celle de remettre le bob français sur les rails olympiques par exemple. Une performance d’autant plus remarquable que le Colmarien de naissance est à la fois qualifié en bob à 2 et bob à 4 avec son complice pilote, Loïc Costberg, alors que la discipline est quasiment ignorée par la Fédération française des sports de glace (FFSG) depuis les Jeux de Turin (2006). « C’est l’année où Bruno Mingeon (2) a pris sa retraite, rappelle-t-il. Là, ça a commencé à être ric rac. Ensuite, aucun bob ne s’est qualifié pour les JO 2010. La fédération a alors décidé de ne plus subventionner la discipline. Aujourd’hui, on paie les pots cassés d’une période creuse et on se bat pour faire nos preuves. »

Le Haut-Rhinois de 24 ans sait qu’il ne vivra jamais d’un sport qui compte à peine 80 licenciés en France. Entre les aides des collectivités, le sponsoring et le soutien de sa famille, il se garde cependant bien de se plaindre. Grâce aux derniers résultats encourageants du « Team Costberg », en bob à 2 et bob à 4, le budget global de la saison - 100 000 euros - a d’ailleurs été financé à 40 % par la FFSG. Mais bon… « L’une des meilleures nations mondiales, l’Allemagne, a un budget annuel de 500 000 euros entièrement pris en charge par la fédé, détaille l’Alsacien. On ne vit pas dans le même monde. Notre bob à 2 appartient à Loïc, le bob à 4 a été acheté par le club de La Plagne… On a reçu du CNOSF (3) les vêtements de l’équipe de France olympique, mais pour l’équipement spécifique bobsleigh, on vient de régler une facture de 4 569,90 euros de notre poche. Ça vaut le coup, ça nous permettra pour la première fois de la saison d’être tous habillés pareil en compétition… » Soit, mais qu’en pense le patron du bobsleigh français ? « Quel patron, je n’ai pas de nom à vous donner. » Sourire. « La fédération a des problèmes de gérance, on le sait. Pour espérer faire un jour une médaille, il faudrait qu’on soit un peu moins livrés à nous-mêmes. Heureusement, personne ne nous demande de faire une médaille… »

« S’ils se retrouvent tous un Picon bière à la main, je serai le plus heureux des hommes »

Faite de bric et de broc, l’histoire de Romain et de son bob est certes moins farfelue que ne l’est le film Rasta Rockett. Mais elle n’est pas moins belle. Admirez le tableau : lorsqu’il s’est mis à pousser le bob à 2 tricolore, celui-ci était 78eau classement mondial. Au terme de la première saison en Coupe d’Europe, il était 45e , puis 25e après la Coupe du monde l’an dernier et 19e aujourd’hui. « C’est ça qui me plaît, souligne le Grenoblois d’adoption. Ça fait trois ans qu’on est sur une logique de progression. Or, moi, je suis avant tout un compétiteur. Entre un examen noté et un concours sanctionné par un classement, je prends cent fois le concours. L’objectif à Sotchi, c’est le Top 20 en bob à 4 et le Top 15 en bob à 2, des résultats qui, je l’espère, feront évoluer la politique d’accompagnement du bobsleigh en France. Alors peut-être je songerai aux Jeux 2018 (à Pyeongchang, en Corée du Sud). »

Cartésien dans l’âme, Romain Heinrich n’ira pas plus loin. Quitte à se projeter, autant penser aux copains alsaciens et à ce qu’ils feront quand il passera à la télé la semaine prochaine. « S’ils se retrouvent tous un Picon bière à la main, je serai le plus heureux des hommes. » Ça, c’est de la pression positive.

(1) Le squat est un exercice de musculation qui consiste à effectuer des flexions des membres inférieurs avec une barre chargée reposant sur l’arrière des épaules.

(2) Avec Emmanuel Hostache, Bruno Mingeon possède le plus beau palmarès du bobsleigh tricolore : médaille de bronze en bob à 4 aux JO 1998 à Nagano, et le bronze en bob à 2 et l’or en bob à 4 des Mondiaux à Cortina d’Ampezzo l’année suivante.

(3) Comité national olympique sportif français.

Romain nous explique la complémentarité entre l’Athlétisme et le Bob.

A l’entraînement en Bavière



Avec l’équipe de France (début à 11mn32)



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