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18 février 2015

L’ALSACE_Jérôme Haeffler : il faut bien se lancer


Jérôme Haeffler a changé. Depuis sa double rupture du tendon d’Achille gauche à l’été 2013, sa vie ne tourne plus uniquement autour du javelot. Question de survie. Il y a désormais ce boulot d’éducateur dans une maison d’enfants à caractère social (MECS) - « Le Chalet », à Rimbach -, un CDD qu’il aimerait bien voir se transformer en CDI au mois d’août prochain. Il y a aussi cette petite fille à naître, d’ici trois ou quatre semaines, un bonheur qu’il attend « sereinement ».

« En compétition, ça m’énerve, ça me frustre »

Mais on ne tourne pas la page d’une carrière de sportif de haut niveau aussi facilement, pas à 32 ans, pas quand on a si souvent dominé sa discipline ces dix dernières saisons, pas quand on aime à ce point cette fichue lance de 800 grammes qu’il s’échine à lancer le plus loin possible depuis tant et tant d’années. Pas même quand votre corps vous lâche par deux fois à trois mois d’intervalle, à un endroit aussi crucial que le talon, le gauche en ce qui le concerne.

En l’occurrence, c’est peu dire que cette blessure constitue aujourd’hui son talon d’Achille, tant le Guebwillerois peine à retrouver la mobilité de son pied d’appui, celui qui fait toute la différence au moment de stopper net sa course d’élan et de propulser son engin dans le ciel. « Au javelot, le pied, c’est comme le butoir au saut à la perche : si ça ne répond pas comme il faut, il n’y aucune répercussion de la puissance engagée dans l’élan, décrit l’athlète du Pays de Colmar Athlé. Le haut de mon corps, ça va. Mais au niveau du pied, j’ai énormément perdu. Je manque de confiance à ce niveau-là, je n’arrive pas à retrouver mes sensations d’avant. En compétition, ça m’énerve, ça me frustre. »

« Le haut niveau, c’est à temps plein, donc je ne m’attends pas à des miracles »

Cela ne l’a pas empêché de glaner un titre régional de plus l’autre dimanche aux championnats d’Alsace hivernaux, à Obernai, mais c’était en l’absence des meilleurs du moment (Nicollin, Guyetand…), et surtout, cela s’est fait avec un modeste jet à 62,41 m. « À presque vingt mètres de mon record (Ndlr : 80,37 m en 2010) , c’est ça le plus dur à accepter. »

Jérôme Haeffler l’avoue sans hésiter : c’est aussi un peu de sa faute. La rééducation, la reprise de l’entraînement, tout ça ne s’est pas fait avec suffisamment d’assiduité et de sérieux. « Mais je n’ai jamais baissé les bras, assure-t-il. Maintenant que je travaille, c’est juste plus compliqué. Je fais une séance d’entraînement de moins par jour et j’accepte comme je peux de partager mon entraîneur (Ndlr : Jacques Danail, directeur du pôle espoir de Strasbourg) , même si c’est dur. Aujourd’hui, je vais à l’essentiel, je n’ai pas le choix. Le sport de haut niveau, c’est quelque chose qui se fait à temps plein, donc je ne m’attends pas à des miracles. »

Ça tombe bien, la saison hivernale n’est pas sa priorité. Encore un peu tôt. En d’autres termes, les championnats Nationaux hivernaux de lancers longs, tout ce week-end, à Tours (Centre), ne seront que l’occasion de renouer avec une compétition de premier plan, pour voir où il en est vraiment.

« Les gens oublient si vite… »

« J’espère surtout retrouver des sensations, explique le champion de France hivernal 2013, qui se présentera dimanche (11 h 45) en Touraine avec la 7e marque d’engagement. Malheureusement, me libérer sur six essais, ça va être dur. Sur un jet, 69-70 m, avec mes acquis, c’est toujours jouable. Un podium aussi. Mais bon… » Mais bon, sombrer dans l’anonymat du classement final, ce n’est pas trop le genre de la maison. « Me faire voler la vedette, bof. En ayant fait 80 m, je n’ai plus rien à prouver, mais il faut quand même prouver, les gens oublient si vite… »

Pour évacuer cette pression inutile, Jérôme Haeffler essaye de faire preuve de patience et se projette déjà plus loin. Enfin, jusqu’à cet été pour commencer. « C’est là que j’aurais une idée plus précise de ce que je peux espérer. Si ça ne passe pas, si je ne relance pas au moins à 70 m, 73-74 m même, il faudra que je me pose les bonnes questions. Mais je le répète, ce ne sont pas vraiment les perfs qui m’inquiètent. Ce que je veux, c’est retrouver mon pied gauche. »

En se levant du pied droit dimanche, il ferait sans doute déjà un premier pas vers des jours meilleurs.

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