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7 juillet 2015

L’ALSACE_Manon Meyer ou la vie complètement marteau


Elle n’a pas encore 15 ans mais c’est déjà une championne. Manon Meyer, de Bollwiller, enchaîne les médailles et les records au lancer du marteau, catégorie minimes. Aux championnats du Haut-Rhin, à Cernay, elle décroche la première place avec un lancer à 45,80 m. Puis, début juin, aux championnats d’Alsace, elle fait encore mieux : à son premier lancer, elle fait 51,99 m. « Je venais de battre le record d’Alsace, détenu depuis 2010 par Marie-Charlotte Taurel, la fille de mon entraîneur » , indique la jeune fille. Au deuxième lancer, elle réalise 53,12 m, soit la meilleure performance de l’année dans sa catégorie, quand ses concurrents peinent à atteindre les 40 m. « Je suis première au bilan français en minimes » , glisse l’athlète. Le record de France minimes, établi en 2010, est à 62,64 m. C’est ce niveau qu’elle vise.

« À la recherche du geste parfait »

Pourtant, rien ne semblait prédisposer Manon Meyer à se spécialiser dans un tel sport. « Moi, au départ, je voulais faire des haies » , assure-t-elle. C’est même sur cette base qu’elle rejoint en 2007 l’Athletic Club de Raedersheim, lui-même affilié au Pays de Colmar Athlétisme (PAC). Là, elle enchaîne les cross, les sauts, les lancers… « On a touché à tout, ça fait partie de la formation » , explique-t-elle. C’est Marin Taurel, son entraîneur, qui l’a mise au marteau il y a trois ans. Histoire étrange, sa fille aussi, à l’origine, voulait sauter des haies. Aujourd’hui Manon et Marie-Charlotte s’entraînent ensemble et Manon continue à courir le 200 m haies pour le plaisir.

Trois à quatre fois par semaine, les athlètes se retrouvent à Raedersheim pour travailler. Après un échauffement complet puis dix minutes d’exercices spécifiques au lancer de marteau, c’est parti pour une heure de jets. Le geste est très technique, un jeu entre le talon et la pointe du pied, qui fait tournoyer le lanceur sur lui-même avant de lâcher le marteau (3 kilos tout de même !) quand les bras sont tendus et à la bonne hauteur. « Je suis tout le temps à la recherche du geste parfait » , certifie la jeune fille, très déterminée, prête pour cela à lancer 200 fois en une heure un pneu de remorque !

Du caractère, de toute manière, il en faut pour percer dans ce sport peu connu et peu valorisé – les aires de lancer sont parfois à l’arrière des tribunes quand elles ne sont pas hors du stade. Il lui en faut aussi quand des filles du collège raillent « un sport de mecs et de gros bras ». Toujours au collège, certains garçons dénigrent ses performances. « Ils disent : “moi aussi je peux le faire !” » Elle encaisse et rend les coups : « Eux ne savent que jouer au ballon ! » A force, tout cela lui pèse. Heureusement, sa meilleure amie et ses professeurs à Soultz suivent ses résultats. Très coquette, elle garde sa colère pour elle et se lâche en cherchant à lancer toujours plus loin. « Même quand il y a du grésille, elle ne veut pas louper un entraînement » , salue Patricia, sa maman. « Quand il y a une compétition, ils n’annulent pas parce qu’il pleut ! » rétorque aussitôt l’athlète.

La jeune fille a de qui tenir : son père, ancien pompier professionnel, est lui aussi monté sur des podiums en athlétisme alors qu’il était licencié à l’US Thann. Son grand-père maternel s’était lui aussi fait un nom en fond et en demi-fond. Quant à la maman, elle jouait au handball. L’esprit sportif a toujours été de mise à la maison. D’ailleurs, en dehors de l’athlétisme, elle courre, fait du vélo et suit à ski un ancien chasseur alpin. Quand il lui reste un peu de temps, elle avoue aimer faire les boutiques avec ses copines. Ouf !

Les JO dans le viseur

Grâce à ses bons résultats, Manon Meyer est aujourd’hui courtisée par d’autres clubs alsaciens. « Mais je veux rester fidèle à mon club ! On n’a pas beaucoup de moyens mais tout le monde se démène et il y a une bonne ambiance. » Du côté des filles, il y a même de l’émulation car elles sont nombreuses à réaliser des performances dans plusieurs disciplines. C’est même ce qui leur permet de briller par équipe.

Manon Meyer vient d’en finir avec le collège. Elle sera au lycée Deck à Guebwiller à la rentrée prochaine. Sa crainte ? « Comme il y aura plus de travail, j’ai peur de régresser en sport… » La fédération l’a à l’œil, qui lui propose un stage régional cette semaine puis, aux vacances de la Toussaint, un stage national baptisé « Génération 2024 ». « Mon rêve, c’est de pouvoir participer un jour aux JO » , reconnaît Manon. En 2024, elle aura 24 ans. « Dans ma discipline, c’est le bon moment. » Elle a un autre rêve, celui d’intégrer le GIGN. « Sinon, j’aimerais rejoindre un Peloton de gendarmerie de montagne. » Sous ses dehors de jeune fille sage et rangée, Manon sait ce qu’elle veut et la compétition avec les garçons ne lui fait pas peur. « J’aurais bien aimé avoir un grand frère, qui aurait eu deux ans de plus que moi. On aurait pu se mesurer… »


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