A Colmar, c’est toujours la même histoire, mais on ne s’en lasse pourtant pas. Pour la quatrième fois, Pierre Joncheray s’y impose, pour la quatrième fois, Samir Baala s’y classe deuxième. Et tout le monde est satisfait. « J’ai presque pris peur Toujours au contact du leader au 4e kilomètre, il n’a - relativement - faibli que sur la fin. « Samir me passe au 8e et je perds encore une place dans les tous derniers mètres (battu au sprint par le Nancéien Larhalmi). En fait, j’ai presque pris peur quand j’ai vu que j’étais juste derrière Pierre et j’ai un peu ralenti alors que je finis en bon état. » On attendait la Russe Pour la place de première féminine, on attendait la Russe Tchatkina, déjà lauréate en 2007, ce fut finalement Carine Grand.
« Même si je pense que je suis capable de faire mieux et peut être de prendre un peu plus de risques sur ma gestion de course, Pierre est vraiment costaud et il mérite largement sa victoire. » L’hommage est de Samir Baala, auteur d’une saison plus que réussie avec un nouveau record personnel sur marathon (2h17 à Paris et une sélection à la Coupe du monde de la discipline cet été à Berlin), c’est dire...
Et même avec de telles références pour Baala, quand Joncheray est d’attaque, il est sans rival dans la région. Et plus encore...
« Je suis passé par une période de doute après mes blessures, explique le coureur du 7e Bataillon de chasseurs alpins de Bourg Saint-Maurice. Il a fallu que j’accepte de prendre le temps de revenir à mon niveau. Ça n’a pas été facile, mais aujourd’hui le temps est correct, les sensations aussi. Je suis globalement satisfait. »
Et quitte à ce que tout le monde ait le sourire, Arnaud Bucher pouvait également entrer dans la ronde. Quatrième en 30’58, le Sélestadien qui s’entraîne depuis deux mois avec Joncheray dans la bande de Fernand Kolbeck a surpris son monde.
quand j’ai vu que j’étais
juste derrière Pierre »
Bucher retrouve là le niveau qui était le sien il y a dix ans. « J’avais couru en 30’48 à Sélestat. Vu ce que je fais aujourd’hui, ça les vaut. Peut-être même 30’30. Je suis vraiment en confiance. Quand je pense qu’il y a quelques mois je tournais en 32’... »
Un peu plus loin derrière ces « gros bras », on trouve deux coureurs du PCA, eux aussi satisfaits de leur prestation (c’est décidément une manie à Colmar) : Fabien Brunner, 5e en 31’48 devançait son compagnon d’entraînement Mounir Acherki, 6e en 32’01.
« Je manque de battre mon record personnel pour une seconde, mais avec tous les gens à doubler, je l’ai dans les jambes, c’est sûr », commente Brunner.
Pour sa première incursion sur un 10 kilomètres, Acherki, spécialiste du 800 m (record à 1’51"31) aura surtout appris à gérer la distance : « J’avais peur d’être parti trop vite alors que j’avais encore pas mal de réserves à l’arrivée. » Avec l’expérience, les barrières (chronométriques) tomberont.
Pour tous ces coureurs, la saison ne s’arrête jamais vraiment : Joncheray courra le cross de l’Armée de terre, samedi, avant de tenter sa chance aux Mureaux, pour l’un des grands cross de l’hiver ; Baala ira disputer le semi-marathon de Beaune avant de se battra contre le chronomètre à Bâle (« Une course élite hyper relevée où le dernier court en 32’ ») ; Bucher commencera tout doucement à se préparer pour le marathon de Paris au printemps prochain ; Brunner et Acherki entameront le circuit des cross corpos samedi à Wintzenheim.
Tchatkina, ce fut
finalement Carine Grand
La Bas-Rhinoise a surclassé sa rivale en prenant la 72e place dans le bon chrono de 36’39. Tchatkina est plus loin : 87e en 37’12.
L’épreuve du 5 kilomètres a été remportée par Jeff Bombenger (Colmar MC) en 16’16. « Ça faisait quelque temps que je n’avais plus fait de vitesse. Il n’y a pas à dire : ça décrasse », souriait-il à l’arrivée.
Dernier motif de satisfaction, la participation : si le record n’a pas été battu, les plus de 1 600 coureurs engagés sur les différentes épreuves placent une nouvelle fois les Courses DNA de Colmar parmi les grands rendez-vous régionaux.Mathieu Pfeffer